Une maison qui ne devait pas seulement être crédible : elle devait être vivante.
L'exposition parcourait cent ans d'histoire de Castille-La Manche en trois espaces et fut présentée à Ciudad Real, Albacete et Tolède. Le premier, « Souvenirs d'une vie », racontait le XXe siècle — du début du siècle à la Transition démocratique — par la voix d'une femme âgée. Le public entrait dans un espace évoquant ce qui, pour chacun, pouvait être la maison de la grand-mère, documentée et recréée d'après l'architecture rurale de La Manche. Une voix commençait à raconter son histoire et, soudain, la maison prenait vie : le tulle qui séparait le public de la pièce la plus intime devenait transparent et, à mesure que le verbe se déployait, l'espace changeait d'atmosphère — l'hiver, l'été, la guerre, la fête du village. Dans un coin du fond, un pan de mur qui semblait chaulé s'ouvrait et, par un jeu de miroirs, montrait la maison du notable du village où la protagoniste avait été servante. Par la fenêtre de la cuisine parvenaient les feux d'artifice de la fête d'été. Lorsque le récit évoquait la précarité des campagnes, les petits-enfants partis ou l'arrivée de la démocratie, des éléments qui semblaient être une chose en devenaient une autre : la porte de bois du fond devenait un écran où apparaissaient images et documents d'époque ; un mur devenait une porte vers un autre espace. Rien qu'avec la voix, la lumière et la projection, la maison révélait son âme et l'histoire de n'importe quelle femme de La Manche, qui pouvait être la mère ou la grand-mère des visiteurs.
Conception et design de l'espace audiovisuel « Recuerdos de una vida » : Ignasi Cristià. Production : GPD General de Producciones y Diseño. Réalisation : Konic Audiovisuals. Photographies : Pep Botey.